Je ne parlerai pas de moi à la troisième personne
Je m'appelle Daniel de Tremblay, photographe en Lozère. Né Daniel Osiński, mon nom d'artiste est une traduction de mon nom de famille.
Avec un décalage culturel dont je n'ai jamais réussi à me défaire, j'essaie de dépeindre le monde tel que j'aimerais qu'il soit, tel que je l'imagine ou tel que je le rêve. Un monde d'amour, d'élégance et de douceur. Parfois avec fatalisme ou pessimisme, mais, je pense, avec une dérision certaine et souvent avec espoir (mais ce n'est pas moi qui l'affirme, alors prenez-le avec un grain de sel).
J'essaie donc de vous montrer le monde tel que je le ressens, mais souvent, aussi, tel qu'il est. Je ne détourne pas toujours l'objectif. J'ignore pourquoi je vais régulièrement photographier ce qui gêne ou qu'on pourrait qualifier de laid. Ce que je pourrais qualifier de laid. Pour montrer, par contraste, qu'on pourrait peut-être sauver les meubles si on le voulait. Peut-être, je n'en sais rien. L'analyse appartient au spectateur.
J'ai travaillé ma plume pendant de nombreuses années dans la rédaction avant de me consacrer pleinement à la photographie. 
Très inspiré par les photographes humanistes, j'aurais aimé marcher dans leurs pas. Je trouve pourtant que la photo de rue s'est essoufflée. Souvent réduite à des photos de passants déconnectés, les yeux rivés sur leur téléphone. Elle s'est individualisée et ne raconte plus la même histoire. Pour chercher les gens ordinaires et leurs gestes, il faut à présent quitter la rue et se frotter à leur bulle ; passer la porte.
Je suis un photographe de l'ordinaire, mais je refuse que le quotidien apparaisse plat et banal. Je photographie ce qui est sous nos yeux, mais qu'on ne regarde pas toujours. Ou pas assez. Un ordinaire qui pourrait être sublime si on le voulait. Si on y faisait assez attention.
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